Auditeur qualité : aller jusqu'au bout de la logique de progrès!

Publié le par GILLET GOINARD FLORENCE

Auditer c’est écouter, échanger,  observer pour constater l’application et l’efficacité des bonnes pratiques prévues.
C’est aussi  déclencher la logique de progrès continu ,car au-delà du constat, c’est la mise en place d’actions correctives qui crée de la valeur..

 

Parfois dans les entreprises, la mission de l’auditeur qualité se limite à la visite, la réunion de clôture et la rédaction du rapport … Mais… tout ca pour ca ?

N’est il pas dans les responsabilités des auditeurs de convaincre les audités de l’intérêt de  déclencher un plan d’action ?, de lever les écarts ?

  N’est ce pas dans le rôle de l’auditeur que d’aider le responsable des audités à formaliser son plan d’action ?

Ne doit-il pas aussi s’assurer ensuite de l’efficacité des actions en réalisant un audit de suivi ou simplement en demander aux audités de lui adresser des éléments complémentaires ?

 

Le débat est lancé ..  Quelle est pour vous la bonne logique ?

 

Je reste pour ma part persuadée  que le meilleur moment de l’audit est celui où l’auditeur va constater avec les audités les progrès réalisés et valide la levée des écarts.. C’est à cet instant que la mission de l’audit prend toute sa dimension  et que l’auditeur devient un véritable «  faciliteur de progrès »

 

Réduire la tache de l’audit au constat est dangereux à double titre : D’une part existe le risque de démotiver voire de  déresponsabiliser  les auditeurs, et d’autre part perdre en pertinence (qui mieux que les auditeurs sont capables de valider les actions  correctives et en vérifier la pertinence sur le terrain ?)

 

Un auditeur doit avoir une mission qui se termine quand  le processus d’audit est fini . C'est-à-dire quand  la logique d’amélioration  est constatée..



Qu’en pensez vous ?

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MIG 25/03/2011 16:51


Totalement d'accord avec vous. L'auditeur n'est ni le "gendarme" de la démarche qui dresse les PV et "tire les oreilles" des distraits, ni "l'huissier" qui constate note les anomalies et passe son
chemin. L'auditeur est l'aiguillon de la démarche c'est lui qui permet de progresser. Nous faisons partie d'un groupe dans lequel nous avons mis en place un système d'audits internes "croisés"
entre différents auditeurs interne de différentes société ce qui est très positif pour la démarche et constitue une véritable mine d'idées et de sources potentielles de progrès.


GILLET GOINARD FLORENCE 28/03/2011 13:23



Bravo pour cette initiative !


cordialement


Florence



Yves-Marie 18/03/2011 11:14


Bonjour Florence,

A la lecture de cet article, quelques commentaires à débattre, mais avant tout, il faut replacer les auditeurs dans le contexte dans lequel ils sont apparus.
Car, bien souvent, les auditeurs sont :
- "volontaires", car ils veulent élargir leur champ de vision/compétences afin d'avoir une vue globale du fonctionnement de l'entreprise.
- "volontaires désignés d'office", car dans une démarche Qualité qui se veut participative, il a fallu constituer un bataillon d'auditeurs faute de volontaires (excuses : trop de travail, pas
motivés,pas d'intérêt). Et pourtant ils ont été désignés.
Il va de soi que la première solution est la meilleur, mais dans un contexte de travail où on en demande toujours plus (sans forcément pour gagner plus), nous n'avons parfois pas le choix.
N'oublions pas également qu'un audit se prépare, se réalise... c'est du temps de travail en plus pour l'auditeur.

Aussi, quand vous élargissez la responsabilité de l'auditeur (convaincre les audités de déclencher un plan d'actions, aider le responsable des audités à formaliser un plan d'actions...), je suis un
peu septique compte tenu du contexte évoqué précédemment.

De mon point de vue, l'intérêt de l'audit est :
- d'avoir un oeil externe pour constater ce qui ne va pas, ce qui va moins bien et ce qui va très bien également.
- de remonter des idées d'amélioration, qu'elles viennent de l'auditeur mais surtout des audités, qui doivent voir en l'audit l'occasion d'exprimer leurs idées pour améliorer le processus (parfois
en l'absence d'un système de suggestions).

Ma logique est donc :
- qu'un auditeur audite un processus ayant à la tête un pilote. A-t-il besoin pour autant de convaincre le pilote du processus de lever les écarts quand il en a relevé ? le constat d'audit est là
pour les formaliser dans le rapport.
- qu'un auditeur ne doit pas aider le responsable des audités à formaliser un plan d'actions. Par contre, ils doivent ensemble libeller les écarts du mieux possible afin que cela soit clair pour
tous les deux. Ces écarts libellés en commun doivent être validés par les 2 parties (l'auditeur : "voilà ce que j'ai constaté", le responsable : "oui je suis d'accord avec le constat").
- que les actions correctives proposées par le pilote du processus doivent être validées par le RAQ et l'auditeur.
- que l'évaluation de l'efficacité est bipartite.
D'une part, si les actions sont efficaces, le pilote du processus peut le constater via l'amélioration des objectifs du processus. D'autre part, le RAQ doit demander à l'auditeur de réaliser un
audit de suivi pour constater l'efficacité des actions. Je suis d'accord avec vous.
De ce fait, il pourra lever les écarts qu'il a lui-même constaté lors du précédent audit.

Lorsque je planifie les audits sur 3 ans, je fais en sorte que les auditeurs auditent ainsi le même processus sur les 3 années. cela peut paraître redondant ou rébarbatif du point de vue des
auditeurs, mais au moins ils peuvent constater les progrès réalisés sur le processus qu'ils ont audités. Cela les valorise un peu plus.

Bon WE


GILLET GOINARD FLORENCE 18/03/2011 16:53



Bonjour Yves Marie
merci pour ce retour d'expérience très riche


Je comprends bien votre point de vue.. C'est vrai que je demande beaucoup à des auditeurs  effectivement pas toujours volontaires..
Votre formule est un bon compromis (faire valider les progrès par les memes auditeurs) J'insiste juste sur la partie "aide à la formalisation " car je constate souvent dans les entreprises 
des audits qui se limitent au rapport  sans réel actions en aval ..Les audités sont d'accord sur les résultats mais pas forcément   d'accord pour engager un plan de progrès ..
C'est là où les auditeurs peuvent devenir de véritables "facilitateurs" ..
Mais il faut, je vous l'accorde, tenir compte des impératifs et contraintes des auditeurs ..
et puis c'est aussi une question de maturité du système..


Encore merci pour votre contribution


cordialement
Florence